Le ‘’passif humanitaire’’ en Mauritanie : essai d’exhumation et d’explication d’une crise complexee
Khalilou Ould Deddé
Introduction
Ancienne colonie française, la Mauritanie est traversée par des crises successives liées à la gouvernance étatique, à la dégradation de l’environnement écologique, aux difficultés de gestion de la diversité ethnique de sa population et aux contraintes en rapport avec ses frontières héritées de la colonisation.
Entre 1989 et 1991 ont eu lieu des évènements gravissimes, déclenchant une crise humanitaire sans précédent dans l’histoire du pays, crise communément appelée « passif humanitaire ».
Les créateurs de ce concept se sont probablement inspirés de l’expérience dramatique que l’Argentine a connue entre 1976 et 1983, cherchant ainsi à établir un parallèle entre les deux cas de violation des droits humains. En effet, la dictature argentine a sévi en laissant un bilan humain tragique : 30 000 personnes comprenant des disparus et des fusillés, 9000 prisonniers politiques, 1,5 millions d’exilés. De tels sévices rappellent, toute proportion gardée, ceux que les populations négro-africaines ont connus en Mauritanie, d’où leur caractérisation de ‘’passif humanitaire’’.
Dans quel contexte ces évènements ont-ils eu lieu ? Comment et où se sont-t-ils déroulés ? Quelle explication peut-on en faire ? Tenter de répondre à ces questions en s’appuyant sur des données factuelles pourrait contribuer à édifier l’opinion afin d’aider à trouver des pistes en vue de solder ce ‘’passif humanitaire’’.




